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01/03/2010

Du 8 au 21 mars, SNCF est partenaire du 12e Printemps des poètes, dédié à la “couleur femme”, et vous invite à un festival de poésies à écouter, à lire et à offrir...

Grand jour du poème à l’autre, le vendredi 12 mars. Des commandos poétiques murmurent des rimes à l’oreille des voyageurs et distribuent des billets poétiques avec l’aide des contrôleurs à bord des TGV Paris-Lille, Paris-Lyon, Paris-Rennes, Paris-Strasbourg et Paris-Tours. Redécouvrez SNCF...

À vos plumes ! Composez un poème sur le thème du voyage, en prose, en slam ou en alexandrins, et envoyez le dés le 12 mars via le formulaire dédié . Un jury de chroniqueurs littéraires sélectionnera les meilleurs, et leurs auteurs seront invités à les réciter à l'antenne de la Radio SNCF! Vous ne vous sentez pas l'âme de Victor Hugo ? Laissez-vous emporter par les poésies diffusées sur les écrans LCD au guichet des gares, une douce façon d'attendre.

Offrez un poème de la collection Printemps des poètes 2009. Cliquez sur le lien pour lire, choisir et partager votre poème préféré avec un ami. Quelques grammes de tendresse dans un monde de mails… (ces poèmes sont libres de droits).

Devenez une star de la poèsie Découvrez les poèmes gagnants

Poèmes à partager :

Tout luit, tout bleuit, tout bruit.
Le jour est brûlant comme un fruit
Que le soleil fendille et cuit.

Chaque petite feuille est chaude
Et miroite dans l'air ou rôde
Comme un parfum de reine-claude.

Le soleil comme de l'eau pleut
Sur tout le pays jaune et bleu.

Anna de Noailles

Il l’encercle de mots pour la produire
Elle n’a pas de mots pour se dire
Il dit qu’elle est son continent noir
Elle une ombre un creux une oreille des yeux
Elle l’a encerclé un jour de ses bras
Pour contenir son discours et qu’il parle
Aujourd’hui vertige
Car vient
La parole de la femme
Dans la femme il y a l’homme
Dans l’homme il y a la femme il y a l’enfant
Il s’érige quand elle l’entend
Elle s’ouvre quand elle parle
Elle brise un grand secret
Ils ont peur de ce moment
Il y a le gant il y a le doigt
Ils se retournent
Il implore sa joie de se dresser
Elle dit à ses bouches de le cueillir
Ils sont deux à l’exercice éblouissant
Qui de l’homme sera l’homme
Qui de la femme sera l’homme
L’un ou l’autre
Ils jouent au bord d’un étrange air connu
En éventail dans la chaleur du combat
La femme
Pardonne-moi l’homme
Je ne pourrai jamais te l’expliquer
Je ne me connais pas
À chaque lune oui j’ensanglante la terre
À la lune je suis accordée
L’homme peut frapper la femme
Elle ne peut que le tuer
Elle n’a droit qu’à un geste
Il y a cet homme qui parle mieux des femmes
Que les femmes
Tout l’afflige et lui nuit et conspire à lui nuire
Ah si quelqu’un les a entendues c’est ce Jean-là
Une Grecque éperdue
Où suis-je qu’ai-je fait que dois-je faire encore

L’homme fait l’homme
La femme fait la femme
Où va-t-elle ainsi comme son travesti ?
Elle arrive elle marche douce panthère
Elle glisse des hanches des regards des mines
Mais elle pense à part
Elle jette des yeux à terre
Elle réveille la langue,
L’étrangère.

Son habit fatigué élégant, l’habit de l’homme
C’est le trouble de la femme
Lui aux lueurs de tabac
Son sourire en péril
À lui ses collines blanches
Elle a ri pour le foudroyer
J’ai hissé haut l’image
De la femme qui parle
Mais elle se tait.

Touche-moi Et je me connaîtrai encore. Mais quand tu me nommes tu me perds Alors n’en parlons plus Pour l’instant?

Sapho

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Paul Verlaine

Un train siffle et s'en va, bousculant l'air, les routes,
L'espace, la nuit bleue et l'odeur des chemins ;
Alors, ivre, hagard, il tombera demain
Au coeur d'un beau pays en sifflant sous les voûtes.

Ah ! La claire arrivée au lever du matin !
Les gares, leur odeur de soleil et d'orange,
Tout, ce qui, sur les quais, s'emmêle et se dérange,
Ce merveilleux effort d'instable et de lointain !

Voir le bel univers, goûter l'Espagne ocreuse,
Son tintement, sa rage et sa dévotion ;
Voir, riche de lumière et d'adoration,
Byzance consolée, inerte et bienheureuse.

Voir la Grèce debout au bleu de l'air salin,
Le Japon en vernis et la Perse en faïence,
L'Égypte au front bardé d'orgueil et de science,
Tunis, ronde, et flambant d'un blanc de kaolin.

Voir la Chine buvant aux belles porcelaines,
L'Inde jaune, accroupie en fumant ses poisons,
La Suède d'argent avec ses deux saisons,
Le Maroc, en arceaux, sa mosquée et ses laines...

Anna de Noailles

Violet -non l'oméga – mais SES yeux rehaussés
De douceur où palpite un indigo fragile,
ELLE m'a regardé, et la pluie a cessé.
Du fond de SON regard, le bleu gagna la ville,
Et dans ma vieille écorce un peu de vert suivit...
Le satin de SA robe en passant, frisson jaune,
Au soleil revenu d'un orangé mûrit,
Où, sans se prononcer, du rouge m'a souri...
Printanière éclaircie dans le gris de l'automne,
LA FEMME, je l'écris, est l'arc-en-ciel de l'homme !

Claude Albarède

Tous les matins me réveille la pluie
A l’ombre de ma vie étincelle
Parmi les misères de la ville

Tous les matins me raconte la fenêtre
Tes mots refoulés tes mots oubliés

Tu ne sais pas que je suis vivante
Au gré de l’humeur du monde
Qui ignore ma peau de femme

Où es-tu dans le ciel de l’action
Que tes pas arpentent fil à fil
Depuis l’aube des temps

La pluie a son mot à dire
Même si elle n’imagine rien
Rêve la pluie au petit matin
En lagune assassinée
Lagune aux maux profonds

Car arrose la pluie
Le marché des hommes
Assis sur un gâteau de sable
Au sommet du pouvoir
Marchant à pas de crabe

La pluie ruisselle ses souhaits
La pluie murmure les bonheurs
Inconnus des femmes morcelées
Par l’insouciance de l’amour
Effeuillé au grand jour

Tanella Boni

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